Immersion dans les derniers établissements pénitentiaires

Immersion dans les derniers établissements pénitentiaires

La maison d’arrêt du Mans-Les Croisettes lors de son inauguration le 21 novembre 2009. La construction de ce nouvel établissement pénitentiaire a permis la fermeture de la maison d’arrêt du Mans, construite en 1634. Cette dernière pouvait accueillir jusqu’à 62 prisonniers, mais son taux d’occupation avait dépassé les 200% ces dernières années. La maison d’arrêt d’Alençon a également fermé ses portes en janvier 2010. Installée depuis 1824 dans l’ancien château des ducs d’Alençon, celle-ci avait une capacité d’accueil de 40 places pour un taux d’occupation supérieur à 150%

Construite dans le cadre du programme «13.200» (places de détention supplémentaires, ndlr) adopté en septembre 2002, la maison d’arrêt du Mans-Les Croisettes a ouvert ses portes en janvier 2010. D’une capacité d’accueil de 400 places, elle dispose de 330 places en maison d’arrêt hommes, 40 en «quartier semi-liberté» et 30 en «quartier arrivants». 191 personnes encadrent quotidiennement les détenus de cet établissement.

D’une capacité de 690 places, le centre pénitentiaire pour hommes de Rennes-Vézin est entré en fonction en mars 2010. Selon le programme de construction «13.200», les cellules de détention mesurent en moyenne 10 m². Elles sont systématiquement équipées d’un coin sanitaire cloisonné, comportant notamment une douche, dans le but de préserver l’intimité du détenu. Tous les établissements pour peines sont également dotés de trois ou quatre unités de vie familiales. Des petits appartements qui permettent aux détenus, selon certaines conditions, de recevoir des membres de leur famille sur une période pouvant s’étendre jusqu’à trois jours.

Le centre pénitentiaire de Roanne, ouvert le 26 janvier 2009. Le programme «13.200» a mis l’accent sur l’amélioration des conditions de travail et la sécurité du personnel pénitentiaire. La visibilité entre les postes des surveillants a ainsi été accrue pour permettre aux agents de veiller les uns sur les autres. «On a tout sacrifié à la sécurité dans ces prisons et on a oublié le reste, notamment les relations humaines, a déploré le contrôleur général des prisons dans son rapport 2010. On a multiplié le béton, les grilles de séparation, à tel point qu'entre le tiers et le quart des détenus se rendant à un rendez-vous médical ou une activité n'y arrivent jamais». Du fait de leur grande taille, les nouvelles prisons contribuent en effet à rallonger les temps de trajet. A tel point que les prisonniers seraient parfois obligés de rebrousser chemin, l'heure de leur rendez-vous étant dépassée.

Les parloirs réservés aux familles dans le centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan. Ouvert le 7 décembre 2008, cet établissement peut accueillir jusqu’à 698 détenus pour 269 encadrants. Cette nouvelle prison a permis la fermeture de la maison d’arrêt de Mont-de-Marsan, construite entre 1807 et 1809 et d’une capacité d’accueil de 85 places pour un taux d’occupation supérieur à 100 %.

Les bâtiments de détention du centre pénitentiaire de Saint-Denis de la Réunion, qui peut accueillir jusqu’à 574 détenus et 286 personnels pénitentiaires. Il est doté d'un quartier maison d'arrêt hommes, d'une maison d'arrêt femmes, d'un centre de détention pour femmes, d'un quartier mineurs, d'un quartier de semi-liberté et d'un quartier arrivants, où sont accueillis les nouveaux détenus le jour de leur entrée en prison.

Chaque établissement construit depuis 2002 comporte un terrain de sport extérieur, comme ici au centre pénitentiaire de Saint-Denis de la Réunion. D’autres installations ont également été développées dans chacune des nouvelles prisons: salles d’activités, bibliothèques, gymnase, salles de cours et de formation ou bien encore ateliers de travail. À l’extérieur de l’enceinte, on trouve aussi un bâtiment d’accueil pour les familles et les visiteurs des détenus. 

Vue éloignée du centre pénitentiaire de Saint-Denis de la Réunion, mis en service le 12 décembre 2008. Conséquence de son ouverture: la fermeture de la maison d’arrêt de Saint-Denis «Juliette Dodu», ancien comptoir du XIXe siècle transformé en établissement pénitentiaire en 1876. Son taux d’occupation était supérieur à 200 %. 

Vue la nuit du quartier d'hébergement du centre pénitentiaire de Saint-Denis de la Réunion. Dans son deuxième rapport annuel rendu public en mars 2010, le contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, s'est déclaré «très pessimiste» sur les nouvelles prisons. Leur conception est, selon lui, de nature à favoriser une hausse de l'agressivité et de la violence. Il a notamment préconisé une réduction de la dimension des futurs établissements avec «150 à 200 détenus» maximum. Un chiffre au-delà duquel «la relation entre détenus et surveillants se perd», écrit-il dans son rapport.

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