Agen et Cahors, le duel des prisons

Agen et Cahors, le duel des prisons

Le ministère qui a annoncé les fermetures de Cahors et d'Agen devra sans doute trancher entre deux projets de reconstruction à Sauzet et à Layrac.

L'agglomération agenaise va-t-elle un jour souffrir d'une étrange incongruité, à savoir abriter l'École nationale de l'administration pénitentiaire (Enap) qui forme entre autres les futurs surveillants et directeurs de prison et pour autant ne plus disposer de maison d'arrêt ?

Une situation pour le moins absurde qui pourrait pourtant bien se concrétiser dans un avenir proche si d'aventure, à la fermeture annoncée en 2016 de la maison d'arrêt de la rue Montaigne, s'ajoutait l'opposition du ministère à la reconstruction d'une prison sur le territoire agenais. On est ici dans le domaine du probable puisque, rappelons-le, le 26 juillet dernier, le garde des Sceaux de l'époque, Michèle Alliot-Marie annonçait les fermetures conjointes des prisons paloises et agenaises et la construction d'un nouvel ensemble sur le territoire de la cité béarnaise. Nouvel ensemble susceptible d'accueillir 700 détenus dont les pensionnaires agenais.

Sauzet sur la route d'Agen

Et le dossier se complique encore un peu plus si on regarde vers l'Est puisque le Lot, dont la juridiction appartient à la cour d'appel d'Agen et dont la prison à Cahors va fermer en 2012, a d'ores et déjà bouclé un dossier pour la reconstruction d'un établissement entre Cahors et… Agen. Le projet lotois a une longueur d'avance sur son pendant agenais puisqu'il a déjà été présenté au ministre Michel Mercier qui s'est également rendu dans la préfecture lotoise vendredi dernier.

Le garde des Sceaux aurait même jugé le projet « intéressant ». « Il s'agit de construire à Sauzet sur un terrain de 15 hectares, une prison nouvelle génération d'une capacité équivalente aux prisons de Cahors et d'Agen réunies, un établissement de réinsertion active auquel prendrait part une entreprise locale (la Maec, qui produit des c offrets en plastique et des paraboles) prendrait part. On a réagi vite. La commune d'accueil est d'accord. On s'est en outre engagé à faire une route », détaille Gérard Miquel, sénateur et président du Conseil général du Lot qui porte le projet de reconstruction.

En Lot-et-Garonne, c'est la mairie d'Agen qui pilote seule le dossier. Un dossier dont on sait peu de choses ou plutôt dont on veut dire peu de choses. Un terrain d'une vingtaine d'hectares serait « pressenti ». La mairie refuse de dire où. Mais selon nos informations c'est à Layrac près de la route d'Astaffort que Jean Dionis verrait la future prison. Un accord aurait été trouvé avec Layrac, qui, rappelons-le, est membre de la CAA.

Dans tous les cas, c'est « en mains propres » que le dossier agenais sera remis au garde des Sceaux, Michel Mercier (centriste mais pas Nouveau centre), lors de sa visite de l'Enap à Agen le 3 février prochain. Dans la logique et la pratique, on voit difficilement comment les professionnels de justice et les justiciables lot-et-garonnais pourraient tirer partie d'une maison d'arrêt à Pau, à plus de 2 h 30 d'Agen où l'on continuerait à instruire les affaires judiciaires, à entendre les détenus etc. Bref, construire une nouvelle prison sur le ressort de la cour d'appel tomberait sous le sens. Une seule ? Ou deux, à Sauzet et à Layrac ? Vu l'état des finances publiques, cette dernière option demeure la plus improbable. « Rien n'est encore décidé », assure-t-on cependant du côté d'Olivier Pedro José, porte-parole adjoint du ministère de la Justice.

L'atout de l'Enap

« Des études sont lancées et on en sera plus sur les projets alternatifs de reconstruction, de regroupement avant la fin du premier semestre quand la liste définitive des fermetures de prison sera dévoilée ».

Pour le président du Conseil général du Lot, Gérard Miquel, le doute n'est pas permis : « Il n'y a pas de place pour deux projets. Il ne peut y avoir qu'une seule reconstruction sur le ressort ». Le projet d'implantation à Sauzet, à une portée de fusil du Lot-et-Garonne, serait-il en mesure de satisfaire les deux partis ? A ce jour, aucun rapprochement n'a été initié. « Je ne serai pas contre, assure Gérard Miquel, mais je ne suis pas sûr qu'Agen veuille investir dans le Lot… »

A la mairie d'Agen, on estime en outre posséder « un atout imparable » en la présence de l'Enap. Bref, le ministre de la Justice qui a confié à Gérard Miquel qu'il lui donnerait une réponse d'ici deux mois, devra trancher entre Cahors et Agen. Hier soir, réunie en AG à Agen, les syndicalistes surveillants de l'Ufap ont décidé de solliciter un nouveau rendez-vous auprès de Jean Dionis afin de faire le point. « On n'a plus de nouvelles depuis trois mois. Mais notre position demeure inchangée : on souhaite la reconstruction d'une prison sur l'agglomération. Aller à Sauzet, ce serait certes mieux qu'à Pau, mais pour le personnel déplacé, ce serait tout de même difficile ». A suivre.

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