Pas de télévision gratuite dans les prisons françaises

Pas de télévision gratuite dans les prisons françaises

Lors de l'examen des crédits "Justice" du projet de budget pour 2011, le député socialiste Jean-Jacques Urvoas a défendu un amendement visant à rendre gratuit l'accès à la télévision pour les détenus.

Une introduction de la gratuité de la télévision en prison a été rejetée dans la nuit du mardi 2 au mercredi 3 novembre à l'Assemblée nationale, tandis que la création d'une "réserve judiciaire", composée de magistrats et greffiers retraités, a été approuvée.

Lors de l'examen des crédits "Justice" du projet de budget pour 2011, le député socialiste Jean-Jacques Urvoas a défendu un amendement visant à rendre gratuit l'accès à la télévision pour les détenus.

Le prix unique de 8 euros fixé récemment par la Chancellerie pour harmoniser les prix de location de télévisions dans tous les établissements pénitentiaires constitue "un premier pas", a déclaré Jean-Jacques Urvoas.

Mais "il ne me semble pas répondre aux critiques de la Cour des comptes", qui s'inquiétait notamment, dans un rapport publié cet été, de la difficulté de contrôler les fonds recueillis par ce biais par des associations socio-culturelles, a-t-il fait valoir.

 

C'est "le prix coutant"

La ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie s'est opposée à la gratuité totale, soulignant qu'elle "existe déjà pour les indigents" et que "8 euros, c'est exactement le prix coutant". Soumis au vote, l'amendement a été rejeté.

L'ancien garde des Sceaux Robert Badinter, qui avait autorisé en 1985 la télévision dans les cellules des détenus, avait jugé "honteux" en août le système de location qui perdure depuis 25 ans.

Un amendement du gouvernement, créant une "réserve judiciaire" composée de magistrats et greffiers "volontaires" à la retraite, âgés de "75 ans au plus", a en revanche été adopté. Ces réservistes assureront des missions d'assistance et d'aide à la décision au profit des magistrats en activité, ainsi que d'"encadrement des assistants de justice", a expliqué la garde des Sceaux.

La réserve judiciaire pourrait compter 500 magistrats réservistes et environ 560 fonctionnaires réservistes (greffiers). Leurs activités seront indemnisées.

 

"Un ticket modérateur dès 2011"

Michèle Alliot-Marie a par ailleurs confirmé qu'elle proposait l'introduction d'"un ticket modérateur dès 2011" pour les bénéficiaires de l'aide juridictionnelle, versée par l'Etat aux avocats pour assurer la défense des personnes à revenus modestes. Son montant est fixé à 8,84 euros dans le projet de budget.

Concernant le transfert au ministère de la Justice de missions jusque-là assurées par les forces de l'ordre, comme l'escorte des détenus extraits de leurs prisons, la ministre a précisé que le projet de budget 2011 prévoyait "le transfert de 200 emplois et des crédits correspondants" de la mission "sécurité" à la mission "justice".

Sur trois ans, "800" emplois doivent être transférés de l'Intérieur vers la Justice, a-t-elle ajouté. "Nous essayons d'en obtenir 100 supplémentaires sur arbitrage", a-t-elle dit.

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site