Les prisons d'Europe s'attaquent à la récidive

Les prisons d'Europe s'attaquent à la récidive

Surveillants et formateurs de cinq pays européens se réunissent cette semaine dans les prisons de Nantes. Ils confrontent leurs expériences pour préparer la sortie des détenus.

Reportage

 

Surpeuplement, vétusté, suicides, récidives... Les maux qui accablent nos prisons sont bien connus. Les Italiens ne paraissent pas mieux lotis : « Les contacts téléphoniques avec l'extérieur sont difficiles, fait remarquer Maria-Carmela De Gioia. Et on ne fait presque pas de formation professionnelle. » Le bon exemple viendrait plutôt de la Suède : « Dans notre prison de haute sécurité, explique Anna Unden, deux appartements sont réservés aux familles. Conjoint et enfants peuvent y passer la nuit. » Et la promiscuité n'est pas un fléau : « Les détenus sont seuls dans leur cellule. Au pire, ils la partagent avec un autre. »

Pour préparer une sortie de prison toujours périlleuse, le Conseil de l'Europe recommande aux États de proposer aux détenus des activités proches de la vie hors les barreaux : travail, formation, alphabétisation... Et impulse, pour les professionnels, des journées qui sont autant de fructueuses occasions d'échanges. Ces sessions de trois jours, qui se déroulent alternativement en France, Italie, Espagne, Belgique et Suède, ont débuté mardi à Nantes.

La sécurité est prioritaire

Ces rencontres permettent à des surveillants de sécurité et des formateurs en prison de mieux connaître les contraintes respectives de leurs métiers : « Chacun doit comprendre que la priorité, à chaque instant, c'est la sécurité. Et que l'éducation, c'est la sécurité de demain, celle qui doit aider à éviter la récidive », résume Yannick Perray, responsable de la formation professionnelle dans les prisons nantaises.

Les invités européens ont été très impressionnés par l'atelier-modèle intégré au centre de détention : un fleuron de la formation en prison, qui accueille 145 détenus venus de toute la France. « Dans les 2 000 m2 d'ateliers, les détenus sont formés aux métiers de la menuiserie, du froid et de la climatisation, de la plâtrerie, de l'électricité et la de maintenance automobile », souligne Franck Bolgiani, conseiller au Greta de Nantes BTP. Des formations assurées, précise Yannick Perray, « par des équipes enseignantes très stables et motivées ».

Prévenir la rechute

La loi pénitentiaire française du 24 novembre 2009 fait écho à cette volonté européenne d'aménager les fins de peine : par des recours plus fréquents au bracelet électronique, aux travaux d'intérêt général, à la formation professionnelle... Et de proposer une activité à des détenus, dont la moitié n'a aucun diplôme à monnayer sur le marché de l'emploi.

« La volonté des formateurs, des psychologues et de la direction, est de valoriser le détenu, résume Céline Jusselme, directrice du centre de détention. Et de trouver le moyen de l'aider à se réinsérer. »

Une réinsertion qui ne va jamais de soi : « La personne libérée, quand elle s'en sort, c'est grâce à sa famille, un lien très fort en Italie », souligne Maria-Carmela. En France, ce lien s'est quelque peu distendu. Raison de plus pour travailler à la prévention de la rechute.

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