Le directeur de la prison favorisait d’autres détenues

Le directeur de la prison favorisait d’autres détenues

Les petits secrets de la maison d’arrêt des femmes de Versailles (Yvelines) se dévoilent peu à peu. Après la révélation dans nos colonnes de la mise en examen du directeur Florent Gonçalves, 41 ans, qui a reconnu avoir entretenu une relation intime avec Emma, une jeune détenue qui avait servi d’appât dansl’affaire du « gang des barbares », le contrôleur général des prisons Jean-Marie Delarue a révélé hier d’autres cas de favoritisme au sein de la prison.

110 femmes auditionnées

A l’été 2010, deux prisonnières avaient écrit une lettre à ses services pour dénoncer des faits de favoritisme. Transférées à Fresnes, ces deux femmes sont entendues à l’automne par deux contrôleurs. Puis, au mois d’octobre, Jean-Marie Delarue lui-même se rend à Versailles avec d’autres contrôleurs pour mener des investigations plus poussées. Ils ont conversé avec les 110 femmes alors emprisonnées à Versailles. Des auditions qui auraient « conforté les dénonciations des deux premières détenues ». Les témoignages recueillis font état d’un groupe de six femmes qui apparaissent comme les « protégées » du directeur. Ce favoritisme se manifestait, selon les autres détenues, par un accès plus facile aux ateliers pour travailler mais aussi par des horaires plus souples et une facilité pour cantiner, c’est-à-dire améliorer l’ordinaire en pouvant acheter des produits d’hygiène ou de l’alimentation. Les six détenues, dont Emma, étaient d’ailleurs regroupées dans deux cellules de trois.

 

Dès le mois de novembre, Jean-Marie Delarue a rédigé un rapport à l’adresse de l’administration pénitentiaire pour signaler une situation anormale à ses yeux. Le ministère de la Justice aurait alors déclenché une enquête interne avant que le parquet de Versailles ouvre une enquête préliminaire.

Les faits dénoncés auraient débuté en 2009. Le directeur de la maison d’arrêt aurait reconnu avoir eu des relations sexuelles avec Emma à deux reprises dans une salle informatique. D’après les premiers éléments de l’enquête, il n’aurait pas eu ce type de relation avec les cinq autres détenues « favorisées ». L’avocat de Florent Gonçalves a d’ailleurs contesté les faits reprochés à son client dans le rapport de Jean-Marie Delarue. Des faits qui ne constituent pas en l’état une faute pénale mais qui ont entraîné sa suspension.


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