LA PRISON DANS TOUTE SA SPLENDEUR

Les prisons d'Europe s'attaquent à la récidive

Les prisons d'Europe s'attaquent à la récidive

Surveillants et formateurs de cinq pays européens se réunissent cette semaine dans les prisons de Nantes. Ils confrontent leurs expériences pour préparer la sortie des détenus.

Reportage

 

Surpeuplement, vétusté, suicides, récidives... Les maux qui accablent nos prisons sont bien connus. Les Italiens ne paraissent pas mieux lotis : « Les contacts téléphoniques avec l'extérieur sont difficiles, fait remarquer Maria-Carmela De Gioia. Et on ne fait presque pas de formation professionnelle. » Le bon exemple viendrait plutôt de la Suède : « Dans notre prison de haute sécurité, explique Anna Unden, deux appartements sont réservés aux familles. Conjoint et enfants peuvent y passer la nuit. » Et la promiscuité n'est pas un fléau : « Les détenus sont seuls dans leur cellule. Au pire, ils la partagent avec un autre. »

Pour préparer une sortie de prison toujours périlleuse, le Conseil de l'Europe recommande aux États de proposer aux détenus des activités proches de la vie hors les barreaux : travail, formation, alphabétisation... Et impulse, pour les professionnels, des journées qui sont autant de fructueuses occasions d'échanges. Ces sessions de trois jours, qui se déroulent alternativement en France, Italie, Espagne, Belgique et Suède, ont débuté mardi à Nantes.

La sécurité est prioritaire

Ces rencontres permettent à des surveillants de sécurité et des formateurs en prison de mieux connaître les contraintes respectives de leurs métiers : « Chacun doit comprendre que la priorité, à chaque instant, c'est la sécurité. Et que l'éducation, c'est la sécurité de demain, celle qui doit aider à éviter la récidive », résume Yannick Perray, responsable de la formation professionnelle dans les prisons nantaises.

Les invités européens ont été très impressionnés par l'atelier-modèle intégré au centre de détention : un fleuron de la formation en prison, qui accueille 145 détenus venus de toute la France. « Dans les 2 000 m2 d'ateliers, les détenus sont formés aux métiers de la menuiserie, du froid et de la climatisation, de la plâtrerie, de l'électricité et la de maintenance automobile », souligne Franck Bolgiani, conseiller au Greta de Nantes BTP. Des formations assurées, précise Yannick Perray, « par des équipes enseignantes très stables et motivées ».

Prévenir la rechute

La loi pénitentiaire française du 24 novembre 2009 fait écho à cette volonté européenne d'aménager les fins de peine : par des recours plus fréquents au bracelet électronique, aux travaux d'intérêt général, à la formation professionnelle... Et de proposer une activité à des détenus, dont la moitié n'a aucun diplôme à monnayer sur le marché de l'emploi.

« La volonté des formateurs, des psychologues et de la direction, est de valoriser le détenu, résume Céline Jusselme, directrice du centre de détention. Et de trouver le moyen de l'aider à se réinsérer. »

Une réinsertion qui ne va jamais de soi : « La personne libérée, quand elle s'en sort, c'est grâce à sa famille, un lien très fort en Italie », souligne Maria-Carmela. En France, ce lien s'est quelque peu distendu. Raison de plus pour travailler à la prévention de la rechute.

Pas de télévision gratuite dans les prisons françaises

Pas de télévision gratuite dans les prisons françaises

Lors de l'examen des crédits "Justice" du projet de budget pour 2011, le député socialiste Jean-Jacques Urvoas a défendu un amendement visant à rendre gratuit l'accès à la télévision pour les détenus.

Une introduction de la gratuité de la télévision en prison a été rejetée dans la nuit du mardi 2 au mercredi 3 novembre à l'Assemblée nationale, tandis que la création d'une "réserve judiciaire", composée de magistrats et greffiers retraités, a été approuvée.

Lors de l'examen des crédits "Justice" du projet de budget pour 2011, le député socialiste Jean-Jacques Urvoas a défendu un amendement visant à rendre gratuit l'accès à la télévision pour les détenus.

Le prix unique de 8 euros fixé récemment par la Chancellerie pour harmoniser les prix de location de télévisions dans tous les établissements pénitentiaires constitue "un premier pas", a déclaré Jean-Jacques Urvoas.

Mais "il ne me semble pas répondre aux critiques de la Cour des comptes", qui s'inquiétait notamment, dans un rapport publié cet été, de la difficulté de contrôler les fonds recueillis par ce biais par des associations socio-culturelles, a-t-il fait valoir.

 

C'est "le prix coutant"

La ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie s'est opposée à la gratuité totale, soulignant qu'elle "existe déjà pour les indigents" et que "8 euros, c'est exactement le prix coutant". Soumis au vote, l'amendement a été rejeté.

L'ancien garde des Sceaux Robert Badinter, qui avait autorisé en 1985 la télévision dans les cellules des détenus, avait jugé "honteux" en août le système de location qui perdure depuis 25 ans.

Un amendement du gouvernement, créant une "réserve judiciaire" composée de magistrats et greffiers "volontaires" à la retraite, âgés de "75 ans au plus", a en revanche été adopté. Ces réservistes assureront des missions d'assistance et d'aide à la décision au profit des magistrats en activité, ainsi que d'"encadrement des assistants de justice", a expliqué la garde des Sceaux.

La réserve judiciaire pourrait compter 500 magistrats réservistes et environ 560 fonctionnaires réservistes (greffiers). Leurs activités seront indemnisées.

 

"Un ticket modérateur dès 2011"

Michèle Alliot-Marie a par ailleurs confirmé qu'elle proposait l'introduction d'"un ticket modérateur dès 2011" pour les bénéficiaires de l'aide juridictionnelle, versée par l'Etat aux avocats pour assurer la défense des personnes à revenus modestes. Son montant est fixé à 8,84 euros dans le projet de budget.

Concernant le transfert au ministère de la Justice de missions jusque-là assurées par les forces de l'ordre, comme l'escorte des détenus extraits de leurs prisons, la ministre a précisé que le projet de budget 2011 prévoyait "le transfert de 200 emplois et des crédits correspondants" de la mission "sécurité" à la mission "justice".

Sur trois ans, "800" emplois doivent être transférés de l'Intérieur vers la Justice, a-t-elle ajouté. "Nous essayons d'en obtenir 100 supplémentaires sur arbitrage", a-t-elle dit.

 

Prison: les aménagements de peine pour relever le défi de la récidive

Prison: les aménagements de peine pour relever le défi de la récidive

PARIS — Un détenu qui travaille le jour en entreprise, dort le soir en prison ou chez lui avec bracelet électronique: le développement des aménagements de peine doit relever le défi de la prévention de la récidive et non être une simple solution à l'engorgement des prisons.

Depuis 2002, le nombre d'aménagements de peine a quasiment été multiplié par deux en France.

La mise en oeuvre de la loi pénitentiaire va accentuer la tendance: le volet sur les aménagements de peine, dont les décrets d'application ont été publiés jeudi, prévoit que tous les condamnés ayant deux ans de détention à effectuer, contre un an aujourd'hui, peuvent bénéficier de ces mesures, sauf les récidivistes.

La loi instaure également un droit au port du bracelet électronique pour les détenus condamnés à cinq ans de prison maximum, auxquels il ne reste plus que quatre mois de détention.

L'administration pénitentiaire "table sur un triplement du stock d'aménagements de peine sous écrou entre 2009 et 2012", note un rapport de la Cour des comptes publié cet été.

"L'idée que les gens ne sortent pas de prison sans projet est une bonne chose. Les études sur ce sujet ont montré que les condamnés passés par l'aménagement de peine récidivent moins que les autres", note Ludovic Fossey, juge d'application des peines (JAP) à Créteil, à l'instar de tous les acteurs du monde judiciaire.

Mais les professionnels notent aussi que la qualité de l'accompagnement prodigué aux condamnés est déterminante pour la réussite d'un aménagement. Cet accompagnement est du ressort des JAP, et des services pénitentiaires d'insertion et de probation (SPIP) qui suivent les condamnés au quotidien.

"Travailler sur la recherche de logement, d'emploi, la formation, le cadre affectif d'une seule personne est un travail de titan, alors imaginez ce que ça donne pour des dizaines", note Samuel Azé, de la CGT personnels d'insertion. Or le nombre de dossiers suivis par un conseiller d'insertion et de probation varie, selon les services, de 60 à 180, note le rapport de la Cour des comptes, décrivant des "ressources humaines précaires et tendues".

"Cette question des moyens nous inquiète très, très fortement", confie Sophie Desbruyères, secrétaire générale du Snepap-FSU (conseillers d'insertion). "Les SPIP sont déjà débordés, je ne sais pas comment ils vont faire", observe M. Fossey.

Le nombre de personnels n'est pas seul en cause, note M. Azé: "on manque cruellement de structures d'hébergement, de places en formation, en soin, qui seules donnent du sens à l'aménagement de peine".

A cet égard, l'instauration du droit d'accomplir les derniers mois de détention sous surveillance électronique est insuffisant, déplore l'association nationale des JAP (ANJAP). "Cette surveillance ne sera conditionnée à aucun projet de réinsertion. Cela permettra juste au détenu de coûter moins cher qu'en prison et de libérer une place", déplore un juge parisien.

Et comme les "personnes présentant un risque de récidive" seront exclues du dispositif, "on va aboutir à une situation absurde: les détenus dont la sortie a le plus besoin d'être préparée n'auront droit à rien", poursuit-il. Dans un contexte de surpopulation carcérale, certains professionnels craignent que le développement des aménagements ne se réduise à une gestion plus quantitative que qualitative des détenus.

A poursuivre ces deux objectifs à la fois, et faute de moyens adéquats, le ministère de la Justice "court le risque de manquer celui relatif à la prévention de la récidive, voire de n'en atteindre aucun", constate la Cour des comptes.

Dossier : Morts suspectes dans les prisons françaises

Dossier : Morts suspectes dans les prisons françaises

Que vivent les détenus dans les prisons françaises ? Peut-on parler de sécurité alors que la surpopulation carcérale ou la vétusté des bâtiments est croissante, que certains prisonniers manquent de soin, se suicident, ou meurent de coups parfois suspects ? 
Le 25 aout dernier, la mort mystérieuse d’un détenu italien dans la maison d’arrêt de Grasse a relancé l’éternel débat. Sur place, dans le sud de la France, sa mère trouvé un corps dissimulé sous des couches épaisses de gazes, tandis que la dépouille de son fils lui a été rendu en état avancé de décomposition et privé de son foie, ses reins et ses yeux.
S’il n’y a pas de réponse sur ce cas particulier, nous vous proposons un nouvel éclairage sur les conditions de vie des détenus dans les prisons françaises. Benoît David est un avocat qui milite à Paris dans l’association Ban Public, une ONG chargée de communiquer sur les conditions d’incarcération en Europe.

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Marseille, au cœur de la prison des Baumettes

Marseille, au cœur de la prison des Baumettes

Thierry Alves dirige depuis un an le centre pénitentiaire de Marseille. Nous avons passé une journée avec lui. Récit.

« Les Baumettes, c’est une institution ici, comme l’OM, la Bonne Mère ou le Vieux Port ». Le ton est donné. En écoutant Thierry Alves parler avec passion de son métier de directeur d’établissement pénitentiaire, on croirait presque que la prison est un espace de vie collective comme un autre. « La richesse des relations avec les détenus et le personnel est incroyable », s’enthousiasme-t-il.

Loin des clichés, l’immense prison marseillaise est nichée au cœur de collines verdoyantes, dans un quartier résidentiel à deux pas des calanques. La personnalité de Thierry Alves est à l’image de ce cadre idyllique. Vêtu d’un costume cravate gris anthracite aux plis impeccables, il rentre en prison en affichant sa bonne humeur. Un large sourire aux lèvres, le jeune directeur de 44 ans salue personnellement chaque employé, serre les mains tendues, s’assure du bon fonctionnement des différents services. « Il est très apprécié ici », glisse un surveillant.

Comme un banal visiteur, Thierry Alves se plie scrupuleusement à tous les contrôles de sécurité, « pour montrer l’exemple ». Avant de monter quatre à quatre les marches qui mènent à son grand bureau lumineux aux portes capitonnées. Sans quitter son éternel sourire, il prend connaissance des événements de la nuit avec son adjoint. Aujourd’hui, pas d’incident majeur à signaler. Un détenu placé sous surveillance électronique a regagné son domicile à 4 h 30 du matin, alors qu’il était tenu de rentrer à 21 heures. Le parquet en a été informé. Deux hommes ont été extraits du quartier disciplinaire car les surveillants ont jugé que le risque suicidaire était élevé. Ils font l’objet d’une surveillance renforcée. Enfin, un détenu en semi-liberté a tenté d’introduire un téléphone portable et du haschich dans l’établissement. La routine, en somme.

« Parfois, c’est dur »

Soudain, un appel interrompt la réunion. Le visage de Thierry Alves se fige. On vient de lui apprendre qu’un détenu a été retrouvé mort dans sa cellule lors de la visite de contrôle du matin. Seule l’autopsie pourra déterminer les causes du décès. Rattrapé par la réalité de l’univers carcéral, le directeur raccroche, l’air préoccupé. « Ce détenu était suivi médicalement, mais je n’en sais pas plus. Ils sont nombreux à être en mauvaise santé. La plupart n’ont jamais consulté de spécialistes de leur vie, certains découvrent même le dentiste… » Pour la première fois, le professionnel laisse apparaître l’homme. « C’est un métier éprouvant d’un point de vue personnel. Il y a beaucoup de souffrance en prison, on ne peut pas rester insensible. On vit avec en permanence, même si on essaie de l’oublier. Parfois, c’est dur. »

Ce père de trois enfants sait de quoi il parle. Diplômé de l’école nationale d’administration pénitentiaire, il a déjà dirigé les maisons d’arrêt de Lyon, de Gradignan, d’Avignon et de Bordeaux avant de rejoindre les Baumettes, le 1er septembre 2009. Surpeuplée et vétuste, la prison marseillaise a mauvaise réputation. Mais Thierry Alves balaie toutes les critiques d’une phrase : « Dans le milieu carcéral, rien n’est facile. Alors évidemment, plus l’établissement est important, plus c’est difficile. »

« Peindre, ça occupe l’esprit »

Les tâches du directeur des Baumettes sont variées : management du personnel, gestion budgétaire, suivi des travaux, des aménagements de peine, de la santé des détenus et des hospitalisations. De lourdes responsabilités, qui exigent une disponibilité de tous les instants. « On ne sait jamais ce qui va se passer en prison. Je reste joignable jour et nuit, y compris en vacances. »

Pour tenter de préserver l’équilibre fragile de son établissement, le directeur compte beaucoup sur les activités proposées aux détenus, qu’il souhaite largement développer. La méthode semble fonctionner auprès de la population féminine. « 65 % des détenues suivent une formation, et 75 % profitent de la salle Internet mise à disposition plusieurs heures par jour », se réjouit le chef d’établissement. Il profite de ses visites régulières au quartier des femmes pour encourager les volontaires. Dans la salle informatique, une dizaine de détenues concentrées créent une carte pour Halloween, avec l’aide d’une bénévole. Les gestes laborieux laissent deviner la misère sociale. Plusieurs femmes ne sont jamais allées à l’école. « On peut apprendre à lire et à écrire en prison. Nous avons une mission de réinsertion. Les personnes incarcérées n’ont pas vocation à le rester », insiste le directeur.

Un peu plus loin, une jolie rousse lui montre fièrement les toiles accrochées dans sa cellule, réalisées au cours de l’atelier peinture. Cette détenue modèle apprend aussi la calligraphie. « Ça occupe l’esprit », lâche-t-elle, en regardant les innombrables photos de son fils plaquées sur les murs. « Il va avoir 8 ans. » Derrière la vitrine des activités, la détresse n’est jamais loin.

Agression au quartier des hommes

Le calme apparent du quartier des femmes n’est plus qu’un lointain souvenir dans le bâtiment des hommes. Une violence indicible et impalpable imprègne les lieux. Des détenus tambourinent dans les lourdes portes en bois. Les surveillants se déplacent en courant, la main accrochée au talkie-walkie. Les cris, le bruit métallique des portes qui se referment et les insultes alimentent le brouhaha permanent. Dans les couloirs, des affiches demandent aux détenus d’arrêter de jeter leurs détritus par les fenêtres. Au pied des bâtiments, les ordures en putréfaction s’amoncellent. Les regards sont durs, parfois hallucinés. Faute de place dans les hôpitaux, les Baumettes hébergent plus de 40 % de malades psychiatriques, coutumiers de l’automutilation et des tentatives de suicide. Alors que la tension semble avoir atteint son paroxysme, un homme est ceinturé sans ménagement par quatre surveillants. Il vient de se jeter sur un agent qui lui demandait de regagner sa cellule.

Encore rouge d’émotion, le front recouvert de sueur, le surveillant agressé essaie de réparer ses lunettes cassées par les coups de poing. Ses mains tremblantes rendent la tâche impossible. Thierry Alves tente de le réconforter. Les agressions composent l’enfer ordinaire de son quotidien. Pourtant, on a l’impression que rien ne saurait lui ôter un optimisme vissé au corps. « Un jour, j’ai croisé dans la rue un ancien détenu accompagné de sa femme et de ses enfants », se souvient le directeur. « Il s’est précipité vers moi pour me remercier. C’était très important pour lui de me montrer qu’il s’en était sorti. » Thierry Alves ne se départit jamais de sa pudeur. Mais on devine qu’il tient grâce à ces moments-là.


48 heures dans la prison "modèle" du Havre

48 heures dans la prison "modèle" du Havre

Reportage au Havre où un établissement moderne a ouvert ses portes en avril dernier dans le cadre d’un plan d’élaboration de 13.200 nouvelles places en prison. 418 détenus y sont actuellement emprisonnés. D’ici février 2011, ils seront près de 700.

Jeudi 14 octobre

9 h 30. « Centre pénitentiaire du Havre », indique un panneau sur la route départementale 6015, peu après la commune de Gainneville (Seine-Maritime). Quelques mètres plus loin, un mirador gris surplombe un talus de verdure. Puis, sur une cinquantaine de mètres, une rangée d’arbres longe la route menant à l’établissement. Là, un surveillant installé derrière une glace sans tain communique par le biais d’un haut-parleur. Après avoir passé le portique de sécurité, une imposante porte se dresse devant le visiteur. Pour la franchir, il faut appuyer sur un bouton et attendre qu’un autre surveillant, lui aussi derrière une vitre, la déverrouille avec son ordinateur. Après quelques secondes, un bruit métallique fend le silence : la porte vient d’être débloquée et laisse entrevoir un bâtiment moderne aux murs blancs. Un peu plus loin, plusieurs grilles. Derrière elles, à une cinquantaine de mètres, les cellules.

10 h 30. Encore des portes. Six au total. Que l’on soit visiteur ou membre du personnel, le système est le même : il faut toujours attendre qu’un surveillant vous ouvre avec un ordinateur. Cette fois-ci, ce sont les surveillants du poste central d’informations (PCI), qui exécutent cette tâche. Le reste du temps, ils ont les yeux rivés sur les écrans de vidéosurveillance. En tout, 250 caméras sont disséminées dans l’établissement. « Il faut être vigilant et réactif », indique un gardien qui, avec ses collègues du PCI, gère aussi les trousseaux de clés déposés ou récupérés par les autres surveillants. C’est également ici que les indispensables talkies-walkies utilisés par les « matons » sont rechargés.

11 heures. Une autre porte, puis une seconde, mènent au « rond-point ». A partir de là, plusieurs entrées possibles : celles vers la maison d’arrêt, le centre de détention… ou le terrain de football. Toutes les fenêtres sont équipées de barreaux et d’un grillage afin d’éviter les « yo-yo » – les échanges d’objets entre cellule. Une troisième porte mène aux ateliers. Là, une quarantaine de détenus, répartis en petits groupes, y travaillent toute la matinée. Certains emballent des paquets de cookies, d’autres suivent une formation en maçonnerie. Les places sont rares, la liste d’attente bien remplie.

14 h 30. Gilles Capello, le directeur de la prison, dirige une commission de discipline, assisté du chef adjoint de la détention et d’un surveillant. Les trois hommes siègent dans une salle coincée entre le quartier disciplinaire (QD) et le quartier d’isolement (QI). C’est au « QD », le « mitard », que risquent d’être enfermés les deux détenus convoqués aujourd’hui. Le premier, debout face au directeur et à ses assesseurs, est soupçonné d’avoir écrit une lettre à caractère pornographique à la directrice adjointe. Il nie les faits. Après quelques minutes, le directeur lui demande de sortir. Les trois hommes délibèrent quelques minutes et décident de le condamner à sept jours ferme dans le quartier disciplinaire où il est aussitôt conduit. Un deuxième détenu fait son entrée dans la salle. Cinq faits lui sont reprochés, dont « insultes à un surveillant » et « introduction d’un téléphone portable et d’argent » dans l’établissement. Lui écopera de 8 jours ferme.

16 h 30. 
Direction « l’hôpital » : l’unité de consultations et de soins ambulatoires (UCSA). Ici, les détenus deviennent des patients. Ils viennent chercher leur traitement et consulter infirmiers ou médecins. Quotidiennement, ils sont 200 à passer par là. Actuellement, la moitié d’entre eux sont sous traitement. La responsable de l’unité travaillait précédemment à la maison d’arrêt du Havre. L’équipe médicale était alors directement intégrée à la détention, ce qui n’est pas le cas ici. « Avec ce nouvel établissement, on a perdu en convivialité, nous voyons très peu nos collègues, mais il faut s’adapter », explique la responsable. Jean-Paul Chapu, le directeur adjoint de la prison, a fait le calcul : « Pour un détenu situé au 3e étage de la prison, il y a quatorze portes à franchir pour parvenir à l’UCSA. » Le directeur de la prison, Gilles Capello, parle, lui, d’un côté « déshumanisé » de la prison, un peu « froid », comme « dans une grande usine ou un grand hôpital. Mais on va tout faire pour donner de la vie en développant des activités ».

19 heures. 
La nuit est tombée. Au premier étage du bâtiment administratif, un « gradé » fait l’appel des surveillants chargés de la nuit. Ils sont douze, répartis en deux équipes. Les premiers travaillent de 19 heures à 1 heure du matin. Puis de 1 heure à 7 heures, ils seront de « piquet », c’est-à-dire qu’ils n’interviendront qu’en cas d’urgence. Ces jeunes surveillants stagiaires – tous viennent de sortir de l’école – vont effectuer des rotations sur différents postes : le PCI, le mirador, la ronde des feux et l’« œilleton ». Chaque porte de cellule en est équipée.

19 h 15.
 Un nouveau détenu vient d’arriver. Il est enregistré au greffe de la prison. Le greffier lui remet une carte magnétique avec sa photo, son nom et son numéro d’écrou. Le détenu place ensuite sa main dans une machine qui enregistre son empreinte biométrique. A chaque fois qu’il se rendra au parloir, son identité sera contrôlée. Accompagné des surveillants, il est ensuite conduit dans sa cellule, au quartier « arrivants » où il restera entre 8 et 10 jours, le temps de prendre ses marques, de rencontrer un conseiller d’insertion et de probation, un médecin. La cellule de 13,5 m2 est équipée de lits superposés, d’une télé, d’une douche et d’un WC. Les surveillants lui remettent un paquetage avec le nécessaire draps, serviette, matériel de toilette et un plat cuisiné réchauffé au micro-ondes.

20 heures. Retour au PCI. A douze, les surveillants et deux supérieurs ont la gestion du centre pénitentiaire. « La nuit, c’est souvent calme », observe l’un d’entre eux. « C’est plus tranquille car nous n’avons pas à sortir les détenus de leur cellule », fait remarquer un de ses collègues. En effet, les surveillants ne disposent pas des clés et ils ont interdiction d’ouvrir les cellules. En cas d’urgence, seul le premier surveillant peut décider de la marche à suivre.

20 h 30. Deux surveillants commencent la ronde de l’œilleton. Ils doivent faire le tour de toutes les cellules de l’établissement pour contrôler que le détenu est bien visible. Parfois, les détenus colmatent l’œilleton avec un bout de papier ou de chewing-gum. Les gardiens crient alors : « Faites un signe SVP ! » La ronde se termine par le quartier disciplinaire (QD) où, ce soir, des détenus se parlent à travers les fenêtres. Seul moment d’agitation dans une nuit très calme.

21 h 30. Les deux surveillants ont une trentaine de minutes pour manger. Ils se rendent dans leur salle de repos. Ils poursuivront leur soirée avec le tour de renfort destiné à observer les détenus à surveiller : ceux qui sont suicidaires ou susceptibles de s’évader…

Vendredi 15 octobre

9 h 30. « Ici, il faut toujours regarder la montre », lance le premier surveillant affecté au parloir. En effet, tout est minuté : le passage aux portiques des familles, la fouille des objets qu’ils amènent au détenu puis leur attente dans une salle avant l’entrée au parloir. Les détenus ont entre deux et trois parloirs de quarante-cinq minutes par semaine. A l’étage, quatre unités de vie familiale (UVF) ont été construites. Il s’agit de quatre appartements réservés aux détenus et à leur famille pour une durée de 6 heures, 24 heures, 48 heures ou 72 heures. Le détenu doit être au centre de détention et doit formuler sa demande par écrit pour pouvoir y accéder. Elle est ensuite examinée en commission. Ce jour-là, un détenu a obtenu un appartement pour 24 heures. Un surveillant part le chercher dans sa cellule tandis qu’un autre récupère la famille à l’extérieur de l’établissement. « C’est bien pour maintenir le lien familial, c’est un peu comme à la maison », confie sa femme en entrant dans la prison. Le détenu les attend déjà dans l’appartement. Ses deux fils lui sautent dans les bras. Des DVD et des jouets pour enfants ont également été déposés par les surveillants. « Dans ces cas-là, on a le beau rôle, on est les gentils », concède l’un d’entre eux.

10 h 30. 
Maison d’arrêt. Ici, les détenus sont jeunes et viennent pour la plupart du Havre et des environs. Dans le bureau de la première surveillante, plusieurs détenus se succèdent pour diverses requêtes. L’un d’entre eux, qui doit sortir d’ici quelques jours, vient demander son contrat de travail. Un autre souhaite changer de codétenu. Ce dernier a connu l’ancienne maison d’arrêt du Havre. Ici, « c’est plus vivable », assure-t-il. Un autre, 20 ans, est actuellement au quartier « sortants ». Il sera libre d’ici deux semaines. Les derniers jours de sa détention, il les a donc consacrés à sa sortie. « Je vais commencer un CAP cuisine dans un lycée, juste à côté de chez moi. Je ne pensais pas que la prison m’aiderait à trouver une formation », confie-t-il. Condamné à huit mois ferme, il explique ne pas s’être ennuyé pendant sa détention grâce aux diverses activités et au sport. Il ajoute : « Je me suis rendu compte du mal que j’avais fait à ma famille, je ne recommencerai pas. » Un autre, 19 ans, est bien moins enthousiaste. Il est en conflit avec les surveillants car il a demandé du travail il y a un mois mais n’a toujours pas eu de réponse. Il a également perdu sa place en sport car il a insulté son professeur qui l’a suspendu deux semaines.

15 h 30. Une séance de relaxation mise en place par le service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP), réservée aux détenus du quartier « arrivants », doit commencer. Mais un détenu qui jouait au basket a coincé le ballon dans le grillage. Il a escaladé le mur pour tenter de le récupérer et s’est fracturé la jambe en tombant. Les pompiers doivent venir le récupérer. La séance est annulée.


Une prison, dans la Creuse et de 400 places

Une prison, dans la Creuse et de 400 places

Entre l'annonce de la suppression de la maison d'arrêt de Guéret et l'hypothèse de la construction d'une structure plus grande en Creuse, Force Ouvrière pénitentiaire espère que le projet creusois verra le jour.
Dans le cadre de la politique générale des services publics et de la réforme de la carte judiciaire en France, des annonces ont été faites, en juillet dernier, par le Garde des Sceaux concernant la construction d'un certain nombre de prisons et la fermeture d'autres.

La fermeture de la maison d'arrêt de Guéret a été officiellement annoncée pour 2015 mais il y a un projet de construction d'une nouvelle et plus grande maison d'arrêt, en Limousin. 

N'ayant pas d'autres précisions les délégués Force Ouvrière de la maison d'arrêt de Guéret, Sylvain Berger et Cyrille Clavaud, accompagnés de leur délégué régional, Christophe Beaulieu, ont rencontré hier le préfet de la Creuse pour essayer d'obtenir des informations. 

Au cours d'une conférence de presse donnée à l'issue de cette rencontre, les délégués FO pénitentiaires ont apporté quelques précisions. 

« La maison d'arrêt de Guéret dépend de la direction interrégionale de Bordeaux. Celle de Guéret doit fermer, celle de Limoges aussi. On nous a promis la construction d'un centre pénitentiaire en Limousin. Or, parmi tous les projets français, celui du Limousin est le plus en retard alors que la date butoir est fixée à 2015 ». 

Pour l'heure le projet de construction d'un tel centre, envisagé à Couzeix, aux portes de Limoges, rencontre une totale opposition de la part des élus mais aussi des habitants. 

« Pour l'heure c'est donc le flou le plus total. D'autant que le prochain remaniement ministériel ne devrait pas activer les choses », selon les syndicalistes qui prônent l'avantage des petites structures par rapport aux grands centres : « Sur le plan financier il faut savoir qu'à Guéret un détenu coûte environ 10 euros par jour, dans une grande structure c'est de l'ordre de 30 euros. À Guéret il faut compter un employé par détenu, dans une grande, le ratio est de l'ordre de 1 pour 3, ». 

Quant à la sécurité et aux conditions de vie, « dans la maison d'arrêt de Guéret la gestion est maîtrisée. 

Ainsi à Guéret il n'y a eu aucun suicide depuis des années, dans un grand centre, comme celui de Mont-de-Marsan qui accueille environ 700 détenus, il y en a eu 12 en un an... » Du coup FO milite pour une maison d'arrêt de 400 places, ni trop petite ni trop grande, et qui emploierait environ 200 personnes. ».

Concernant le dossier creusois, FO pénitentiaire apporte un peu d'eau au moulin des deux députés creusois qui militent, chacun de leur côté, pour la construction d'une structure pénitentiaire dans le département : « En fait, une telle maison d'arrêt doit impérativement être construite non loin d'un hôpital, 20 km au maximum, et près d'un grand axe routier, la RN 145 par exemple ». 

Enfin, concernant les soucis qu'une telle structure peut drainer à proximité, FO pénitentiaire rappelle qu'une maison d'arrêt, même de 400 places, n'accueille que « des prévenus dans l'attente d'être jugés et des détenus condamnés au maximum à deux ans de prison. Cela n'a donc rien à voir avec les grands centres de détention dont les familles des condamnés s'installent souvent à proximité ». 

Reste maintenant à connaître le sort du projet creusois. 

Pour FO les choses sont claires : « Actuellement l'Administration joue les grandes muettes. Seuls les politiques peuvent faire avancer ce dossier ». La balle est dans leur camp. 

 

La France condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme dans une affaire de garde à vue

La France condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme dans une affaire de garde à vue

Information France Info.
C’est une première.
La Cour européenne des droits de l’homme condamne la France dans une affaire de garde à vue.
Elle considère que la législation française ne pouvait répondre aux exigences du procès équitable.
Cette décision intervient à quelques jours de la décision de la Cour de Cassation sur la conformité de la loi française en matière de garde à vue.

La Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) avait été saisie du cas d’un homme dont le “droit au silence” en garde à vue n’avait pas été respecté. Le plaignant n’avait par ailleurs pu voir son avocat qu’après 20 heures de garde à vue.

Cette décision démontre que, dès le début de la garde à vue, toute personne doit se voir garantir l’ensemble des droits de la défense, en particulier celui de ne pas participer à sa propre incrimination et d’être assisté d’un avocat durant les interrogatoires.
L’arrêt va donc avoir une influence déterminante sur l’évolution de la réforme de la garde à vue, d’ores et déjà entreprise par la Chancellerie, qui semble très en deçà des exigences de la Cour européenne.

L’arrêt de la Cour européenne intervient opportunément quelques jours à peine avant que la Cour de cassation ne doive se prononcer sur la conformité de la loi française sur les gardes à vue avec la Convention européenne des droits de l’homme, ce qui pourrait entrainer de très nombreuses annulations d’actes dans des procédures en cours.

L’arrêt de la Cour Européenne des Droits de l’Homme

Des caméras pas vraiment légales dans les prisons ?

Des caméras pas vraiment légales dans les prisons ?

 

 

 

Les caméras de vidéosurveillance sont surtout placées dans les couloirs et les cours de promenades. En somme, dans les "parties communes" des établissements pénitentiaires.

"Toutes les nouvelles prisons ont des caméras de videosurveillance et les anciens établissements sont également progressivement équipés", nous explique Jérôme Massip, secrétaire général national du syndicat SPS (syndicat pénitentiaire des surveillants non gradés, ndlr).

Dans quel but?

"Pour appuyer les forces humaines et permettre certains contrôles quand la présence humaine n'est pas indispensable" nous répond Guillaume Didier, porte-parole du ministère de la Justice.

"Pour fliquer les surveillants" nous répond Jérôme Massip : "Ceux qui, au départ, voyaient cela d'un bon oeil pour leur sécurité, se sont vite aperçus que ça s'était retourné contre eux. Des surveillants sont convoqués chez le directeur, on leur montre les images, et on leur demande des comptes. Pourquoi ont-ils fait ça ? Ou pas ça ? Ça ajoute du stress, de la pression. Au final, les surveillants sont surveillés."

Tout cela est-il bien légal?

Jeudi, on apprend sur Libération qu'un surveillant de la prison de Béziers, dans l'Hérault, a vérifié auprès de la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés ndlr) si le ministère de la Justice n'avait pas oublié de la consulter avant de mettre en place ces caméras.

Réponse de la CNIL, selon le surveillant et Libération: "A ce jour, le ministère de la Justice n'a accompli aucune formalité."

Alertée par le syndicat SPS le 17 juin, la CNIL lui a répondu le 9 septembre.

Le courrier de la CNIL est en ligne sur le site du syndicat SPS:
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Extrait de la réponse du président de la CNIL au syndicat SPS (site syndicat SPS)


 

Le ministère de la Justice commet-il lui-même une infraction?

Pas impossible.

"Nous rencontrons ce souci depuis des années, et cette pratique s'est réellement généralisée avec la création des nouveaux établissements" poursuit Jérôme Massip, qui nous précise "les images ainsi tournées sont ensuite stockées pendant plusieurs jours, quelquefois une semaine. Est-ce vraiment légal?"

La CNIL répond aussi au syndicat:


Avant de conclure: "Le ministère de la Justice s'est récemment engagé auprès de notre Commission, à la suite d'une plainte précédente, à régulariser dans les meilleurs délais cette situation dans l'ensemble des dispositifs de videosurveillance mis en oeuvre dans les établissements pénitentiaires situés sur le territoire français."

Bon.

"Le problème est donc national" insiste Jérôme Massip.

Mais comment le ministère de la Justice justifie-t-il cette situation?

Si la Place Vendôme s'est engagée à "régulariser" la situation, Le Post a posé quelques questions à son porte-parole Guillaume Didier :

Que pensez-vous de la réponse de la CNIL au syndicat SPS ?
"Ce syndicat s'intéresse à cela, et nous aussi. C'est actuellement en cours d'analyse dans les services du ministère pour déterminer le statut précis du système. Il y a débat."

De quel débat parlez-vous?
"Il y a un débat sur les compétences de la CNIL et sur la nécessité, ou pas, de son intervention. Des experts planchent sur ce point précis."

Pourtant, selon la CNIL, le caractère obligatoire de sa concertation ne semble pas faire de doute ?
"Il y a un débat juridique. Après, le ministère de la Justice a le droit de se moderniser, et les nouvelles technologies doivent impérativement faire partie des nouveaux établissements. Toutefois, nous sommes bien d'accord qu'il s'agit d'utiliser ces caméras avec intelligence."

Qu'entendez-vous par là?
"La videosurveillance, et Michèle Alliot-Marie n'avait pas manqué de le rappeler, doit venir en appui des forces humaines, et en aucun cas en substitution. Il n'est pas question de remplacer le contact humain, mais d'y avoir recours quand la présence humaine n'est pas indispensable."

Dans quels cas par exemple?
"Par exemple pour contrôler un accès particulier."

N'est-il pas plus intéressant de renforcer la présence humaine, qui plus est dans les établissements pénitentiers?
"En 2011, nous aurons 563 employés supplémentaires, essentiellement des surveillants pénitentiaires. Ce qui n'est pas le cas de tous les ministères."

Si, après analyse, il s'avère que le ministère de la Justice est en infraction, qu'allez-vous faire?
"Il faut toujours se conformer aux textes législatifs."

Pourquoi ne pas avoir pris la peine de consulter la CNIL avant de mettre en place ce système?
"Il y a un débat. La CNIL a soulevé le problème. On l'analyse. Et on ne prétend pas avoir toujours raison."

Depuis quand y travaillez-vous?
"On y travaille".

Contactée jeudi par Le Post, la CNIL n'était pas disponible.

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