Prisonniers – Les mesures de rapprochement ne convainquent pas

Prisonniers – Les mesures de rapprochement ne convainquent pas

Le 15 octobre 2010 [11h15] : (Unità Naziunale, www.unita-naziunale.org– Corse – Lutte de Masse) Une centaine de personnes se sont rassemblées devant la caserne de la gendarmerie de Montesoro, à Bastia, le 2 octobre, à l’appel des organisations de soutien aux prisonniers corses incarcérés sur le continent, l’association Sulidarità et la Commission antirépressive (Car). Objectif : exprimer leur désaccord après les annonces faites par Michèle Alliot-Marie concernant le rapprochement des détenus. « Je ne suis pas fort en Maths, ni en Géographie, mais je sais que l’addition 28 + 20 ne fait pas 150 et transférer les longues peines à Arles ne représente pas un rapprochement géographique », tempête Jean-Philippe Antolini, un des responsables de la Car.

Une cinquantaine de prisonniers dits politiques et une centaine de personnes condamnées pour du droit commun sont incarcérés dans les prisons de l’Hexagone. Sur les murs de la gendarmerie de Montesoro tout le ras-le-bol ressenti par l’absence d’avancée significative a été taggé à la bombe. Un cercueil avec les initiales de la ministre de la Justice, « IFF », « Rendez-nous nos otages, « Vous n’êtes pas chez vous », « Sulidarità », « Liberta », … Une bâche bleue portant les mots en rouge « Tutti è subitu » a été tendue sur la porte d’accès principale. L’exaspération s’est concrétisée par des jets de bombes agricoles et de fusées de détresse dans l’enceinte ainsi qu’un caillassage du bâtiment de la gendarmerie. « Des familles sont dans l’attente, dans l’inquiétude et attendent un réel geste fort, regrette l’élue territoriale du groupe Corsica Libera, Josepha Giacometti. L’Etat continue à répondre de manière technique ».

Dix personnes transférées

Lors de la réunion à la Chancellerie le 12 septembre avec les principaux élus corse, Michèle Alliot-Marie s’était engagée à diligenter des travaux pour augmenter la capacité d’accueil de la prison de Borgo de 28 à 48 places d’ici la fin de l’année et de transférer les détenus condamnés à de longues peines au centre de détention d’Arles. Mesures insuffisantes, ont estimé les nationalistes, indépendantistes comme modérés. Le 1er octobre, l’Administration pénitentiaire a annoncé le transfert imminent de dix personnes à Borgo. Mais cette annonce n’a pas convaincu. Aucune précision n’a été apportée sur le profil des prisonniers transférés, par mesure de sécurité. Personnes condamnés pour des faits de terrorisme ? Pour du droit commun ? « Si parmi les dix figure le commando Erignac dans son intégralité, je m’incline. Mais permettez-moi d’en douter… », énonce Jean-Philippe Antolini. Vraisemblablement, un détenu nationaliste en fin de peine ferait partie des ces dix condamnés concernés par cette mesure de rapprochement. « C’est toujours comme ça, les prisonniers les plus proches de la libération conditionnelle sont rapatriés en Corse et on devrait être satisfaits », grogne Dumé Tafani.

Travaux à la prison d’Ajaccio

Par ailleurs, une rumeur faisant état d’une prochaine fermeture temporaire de la maison d’arrêt d’Ajaccio pour subir d’importants travaux de rénovation a achevé d’irriter les organisations de soutien aux prisonniers. Elles craignent que le peu de places disponibles à Borgo soient réservé aux détenus d’Ajaccio et que les condamnés soient transférés sur le continent une fois la prison pleine. « Nos élus ont été roulés dans la farine, dénonce Dumè Tafani. MAM savait que la prison d’Ajaccio allait fermer mais elle n’a rien dit. MAM a menti par omission. MAM n’a fait que des effets d’annonce ».

Pour Sulidarità et la Car le centre pénitentiaire ouvert de Casabianda pourrait régler définitivement l’insuffisance des places pour les détenus corses incarcérés sur le continent. Cet établissement, qui accueille les personnes condamnées pour infractions sexuelles, dispose en effet de 194 places. « S’il y avait une volonté politique, il y a des solutions applicables immédiatement, note Josepha Giacometti. L’Etat a-t-il la volonté politique de régler la question des prisonniers ? Toute la question est là ».

Les organisations de soutien aux détenus et à leur famille ont promis de répéter les actions symboliques jusqu’à ce que tous les prisonniers corses soient transférés dans les prisons de l’île.

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