L'administration pénitentiaire embarrassée

L'administration pénitentiaire embarrassée

L'Etat a été condamné à verser des indemnités à des détenus, pour des conditions d'incarcération "indignes".

 

La décision est passée inaperçue, mais elle embarrasse l'administration pénitentiaire. Le 16 septembre, à Poitiers, l'Etat a été condamné, par le juge des référés, à verser des indemnités - de 500 à 2500 euros - à neuf détenus dont l'avocat Me Lee Takhedmit avait dénoncé les conditions d'incarcération, "indignes" selon lui. Alors que certaines prisons françaises font l'objet de critiques récurrentes pour leur vétusté, de telles poursuites se multiplient. Des dizaines de cas sont signalés à Paris, Marseille, Orléans, Caen, Angers, ou encore en Guadeloupe et en Guyane. Sollicitée par L'Express, la chancellerie se dit "sereine". Mais un document dont nous avons connaissance tend à prouver le contraire. Il s'agit d'un mémoire en défense produit par le ministère, le 6 juillet dernier, devant le tribunal administratif de Nantes, lors d'une affaire du même type. Ce texte évoque un "contentieux abondant et nouveau [...] qui devrait encore augmenter dans des proportions inquiétantes". Autrement dit, le ministère redoute bien que les récentes condamnations donnent des idées aux 60 789 détenus du pays. L'auteur souligne les risques d'"appel d'air". Auquel cas, conclut-il, "l'argent public servirait au moins en partie à indemniser plutôt qu'à investir".  


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